
Paris sportifs : mes gains sont-ils imposables ?
Les paris sportifs peuvent rapporter gros, mais une question revient souvent : faut-il déclarer ces gains à l’administration fiscale ? Bonne nouvelle pour la majorité des parieurs : les gains issus des paris sportifs ne sont, en principe, pas imposables, quel que soit le montant remporté. Toutefois, une exception existe pour certains profils de joueurs ayant une maîtrise avérée de l’aléa.
Dans cet article, nous vous expliquons en détail les règles fiscales applicables aux gains issus des paris sportifs, les cas particuliers où l’imposition devient obligatoire, et la démarche à suivre en cas de déclaration. Ne passez pas à côté des informations essentielles pour éviter les mauvaises surprises avec l’administration fiscale !
Impôts sur les paris sportifs : que dit la loi ?
Pour la majorité des joueurs : non, les gains issus des paris sportifs ne sont pas imposables, et ce, peu importe le montant des gains. Il n’existe pas de seuil au-delà duquel les gains deviendraient imposables.
En termes de paris sportifs, l’aléa est maître. Dès lors que le joueur ne maîtrise pas l’aléa, les gains qu’il en retire ne sont pas imposables. Donc aucune obligation de les déclarer.
Attention à l’exception : lorsque le joueur maîtrise l’aléa
Un parieur peut tirer parti des « surebets » ou convertir des « freebets » en argent liquide qu'il pourra ensuite retirer.
Le surebet est une stratégie mise en place par le parieur qui consiste à parier sur les différentes issues d’un match, souvent chez des bookmakers différents, afin de tirer avantage des côtes et s’assurer un gain quel que soit le résultat du match.
Les freebets sont des sommes données en cadeau aux joueurs par les bookmakers, généralement lors de la création d’un nouveau compte ou d’opérations de parrainages. Le freebet est virtuel, mais le joueur a la possibilité de miser afin d’en tirer un gain, qu’il pourra ensuite retirer.
Ces stratégies assurent des gains certains aux joueurs, supprimant ainsi l'incertitude. Étant donné que le hasard n'entre plus en jeu, les bénéfices réalisés deviennent imposables dès lors qu'ils représentent une source de revenus conséquente pour le parieur.
L’appréciation du terme « conséquent » s’effectue au regard du train de vie du parieur, il n’existe donc pas de montant fixe à ne pas dépasser. L’administration fiscale effectue une comparaison avec les autres sources de revenus du parieur tel que le salaire par exemple.
Par exemple, un joueur décide de miser 500 € avec la répartition suivante :
Cote | Mise | Gains possibles | |
| Équipe 1 | 2,55 | 207,45 € | 529 € |
| Nul | 3,45 | 153,33 € | 529 € |
| Équipe 2 | 3,80 | 138,21 € | 529 € |
Quelle que soit l’issue du match, le joueur percevra un bénéfice de 29 €. En employant régulièrement cette méthode sur un grand nombre de matchs, le parieur peut s’assurer une source de revenus conséquente en supprimant tout aléa lié au résultat du match. L’administration fiscale risque donc d’imposer les gains dans ce cas. Il n’existe pas de seuil fixe à partir duquel le parieur deviendrait imposable. L’administration fiscale fait une appréciation au cas par cas en comparant le montant des gains issus des paris sportifs avec les autres sources de revenus du joueur.
Pour la plupart des joueurs, les gains issus de freebets ou de surebets risquent d’être imposables à partir de 800 euros mensuels.
En résumé, les gains des paris sportifs ne sont pas imposables dans la grande majorité des cas, même si vous réalisez souvent d’importants gains.
Vous n’êtes donc pas tenus de déclarer les gains que vous avez perçus grâce à votre tiercé ou votre combiné gagnant. Même en l’absence de déclaration de votre part, il existe un prélèvement directement effectué sur les sommes que vous misez. En effet, la taxe sur le produit brut des jeux exige que votre plateforme de paris reverse un pourcentage de votre mise à l’État. Ce pourcentage varie en fonction du type de jeu :
- 27,9 % pour les paris sportifs commercialisés en réseau physique ;
- 33,7 % pour les paris sportifs en ligne ;
- 1,8 % pour les jeux de cercle en ligne (poker en ligne) ;
- 20,2 % pour les paris hippiques, que ce soit en ligne ou à l’hippodrome.
Par opposition au joueur de poker professionnel (poker en ligne ou physique), il n’existe pas de statut officiel de parieur professionnel, même si vous jouez régulièrement et que les gains dépassent le montant de votre salaire. Ces paris ne peuvent donc pas, par principe, constituer une occupation lucrative ou une source de revenus imposable.
Ici encore, l’administration fiscale fait une appréciation au cas par cas de ce qu’est un « parieur professionnel », sans fixer de montant ou de fréquence de gains à dépasser pour entrer dans cette catégorie.
Par un rapport publié en fin d’année 2024, le CPO (Conseil des Prélèvements Obligatoires) a proposé d'assujettir à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux les gains nets des joueurs dépassant un seuil annuel de 500 euros. Cette mesure viserait à introduire plus de progressivité dans l'imposition des jeux d’argent et de hasard et à envoyer un signal dissuasif aux joueurs. Ledit rapport évoque notamment un précompte qui pourrait être prélevé directement par l'opérateur.
Pour l’instant, rien de concret du côté du législateur. En effet, cette proposition n’a pas été retenue dans le cadre de la rédaction de la Loi de finances pour 2025. Cependant, nous ne sommes pas à l'abri de changements sur cette base d'idées durant les prochaines années.
Que dois-je déclarer ?
Dans les rares cas où vos gains issus des paris sportifs sont considérés comme imposables – par exemple, si vous utilisez des méthodes comme les surebets de façon régulière et qu’ils constituent une part significative de vos revenus – vous devez les déclarer comme bénéfices non commerciaux (BNC) dans votre déclaration annuelle de revenus.
Ces gains doivent être inscrits dans la déclaration complémentaire de revenus (formulaire 2042 C PRO), dans la catégorie « Revenus non commerciaux professionnels ». Si vous exercez une activité assimilable à une profession indépendante (même sans structure juridique). Les gains issus de plateformes de paris étrangères, même si elles sont basées hors de France, ne sont pas exemptés par l’administration fiscale française.
Si vous êtes résident fiscal français, vous êtes imposable en France sur l’ensemble de vos revenus mondiaux, qu’ils proviennent de sites français ou étrangers.
Autrement dit, si vos gains perçus via une plateforme étrangère relèvent des cas d’imposition évoqués plus haut (maîtrise de l’aléa, revenus réguliers, notables, etc.), vous devez les déclarer au même titre que ceux perçus en France. De plus, en cas de virement bancaire depuis l’étranger, ces mouvements peuvent alerter l’administration fiscale, notamment dans le cadre de la lutte contre la fraude ou le blanchiment.
Guide facile sur l'imposition des gains issus de paris sportifs
C'est l'heure de faire un récapitulatif le plus clair possible :

Dans le cadre de paris sportifs ou hippiques, la suppression de l’aléa serait rendue possible par le trucage d’une course ou l’usage de surebets par exemple. L’expérience et le savoir-faire du parieur en tant que tel ne sont généralement pas suffisants pour effacer l’aléa de l’évènement sportif.
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