
Pourquoi peut-on miser sur un but, mais pas sur un carton rouge : ce que l’ANJ t'autorise à parier
Tout ce qui suit vient directement des documents publiés par l’ANJ, sans passer par un opérateur ni par un site de paris. Nous nous sommes appuyés sur :
- L’annexe 1 de la décision 2026-159, qui liste les compétitions sportives pouvant servir de support aux paris (48 sports, plus de 900 lignes) ;
- L’annexe 2 de la même décision, qui détaille, sport par sport, les types de résultats autorisés ;
- Les fichiers de nomenclature de l’ANJ (types de résultats, événements, catégories, participants, genres), pour vérifier ce qui existe, ou pas, dans les codes officiels.
Un catalogue immense… avec une règle simple
Première surprise : le catalogue est vaste. La liste officielle recense 48 sports et plus de 900 lignes de compétitions. Environ la moitié sont des compétitions internationales : Jeux olympiques, championnats du monde, circuits mondiaux. Il y a les stars, comme le football et le cyclisme, mais aussi le badminton, le curling, la voile, la pétanque ou le horse-ball.
Mais derrière ce catalogue, une logique très cadrée. Sur son site, l’ANJ explique qu’elle définit elle-même les compétitions et les types de résultats sur lesquels les opérateurs peuvent proposer des paris. Les compétitions les plus risquées (peu médiatisées, à faible enjeu) et les types de résultats les plus faciles à manipuler sont écartés. C’est ce qu’elle appelle une offre « sélective », conçue pour protéger le marché des manipulations sportives. En lisant les listes, deux familles d’événements reviennent systématiquement absentes :
- les événements négatifs : une faute, un carton rouge ;
- les événements très aléatoires : un corner, par exemple.
Résultat : la liste est un inventaire de ce qui est positif et lisible dans un sport. Des buts, des victoires, des performances. Voyons comment ça se décline.
Quatre familles, quatre logiques
Les sports collectifs : le score, les buteurs et quelques statistiques « positives »
Football, basket, rugby, handball, hockey sur glace, volley… Ici, on trouve presque toujours le score, la minute des points et le nom des buteurs ou marqueurs. Au basket, tu peux aller plus loin : points, passes, rebonds, contres, interceptions, meilleur marqueur. Au rugby, on peut miser sur la minute, le type et l’auteur des points. Au football américain, ce sont les yards et le type de points (touchdown, field goal…). À l’autre bout du spectre, le football australien n’offre qu’une seule option : le vainqueur du match.
Les duels individuels : surtout le score
Badminton, tennis de table, escrime, squash, curling, billard… Dans ces sports, l’offre se résume presque toujours au score (du match, du set, du jeu). Le padel est le plus minimaliste : le score du match, et c’est tout.
Les sports de combat : qui gagne, et comment
En boxe, tu peux miser sur le résultat du combat, le nombre de rounds et le type de victoire (KO, KO technique ou aux points). Même logique en MMA : KO, soumission ou décision des juges. En judo, en taekwondo ou en tir à l’arc, on parie sur le vainqueur, parfois seulement à partir des quarts de finale.
Les sports de classement : le plafond fait la règle
C’est la famille la plus instructive. Quand le résultat est un classement, l’ANJ limite la profondeur du classement sur lequel on peut parier, et ce plafond change d’un sport à l’autre :
- Top 1 : canoë-kayak, pétanque, maillots du cyclisme ;
- Top 3 : triathlon, pentathlon moderne, haltérophilie, tir, lutte, escalade ;
- Top 5 : voile ;
- Top 10 : bobsleigh, luge, skeleton, patinage de vitesse, cyclisme (individuel) ;
- Top 15 : MotoGP ;
- Top 20 : golf ;
- Top 30 : ski.
Zoom sur quatre sports : football, tennis, cyclisme et golf
Le football : beaucoup de choix, mais pas tous
Le football est le sport le mieux servi, avec 11 types de résultats autorisés : score du match, minute d’un but, noms des buteurs, passes décisives, tirs et tirs cadrés, type de but (tête ou coup de pied arrêté), classements des équipes et des buteurs. Et ce qui manque est tout aussi parlant : dans la liste officielle des types de résultats, on ne trouve ni carton, ni corner, ni faute, ni hors-jeu, ni possession de balle.
Le tennis : les aces oui, les doubles fautes non
Au tennis, tu peux miser sur le score (match, set, jeu), sur le numéro un mondial, et sur deux statistiques seulement : le nombre d’aces et le nombre de coups gagnants. Les doubles fautes ne figurent pas dans la liste. On célèbre le geste réussi, pas l’erreur.
Le cyclisme : un top 10, pas plus
Avec 119 lignes de compétitions, le cyclisme est le deuxième sport le plus fourni après le football. Mais la profondeur est bornée : top 10 en individuel (étape ou classement général), top 3 par équipe, et top 1 pour les maillots (grimpeur, sprinteur, jeune), les sprints intermédiaires ou les sommets de cols. Pas question de parier sur la 25ᵉ place.
Le golf : l’exotisme autorisé
C’est le sport le plus surprenant du catalogue. Au-delà du top 20 final, on peut miser sur les eagles, les birdies, les albatros, et même les trous en un. On peut aussi parier sur le meilleur drive en longueur (top 1). Autant de performances « positives » par nature : personne ne parie sur le bunker raté. Et si tu aimes l’exotisme, sache qu’on peut aussi miser sur les mènes à la pétanque.
La règle en action : ce qui est autorisé est toujours le côté positif
C’est en lisant les formulations officielles qu’on voit la règle à l’œuvre. Quelques exemples :
- Biathlon : seulement le nombre de tirs réussis, pas les tirs manqués ;
- Saut d’obstacles : seulement les parcours sans fautes et sans dépassement de temps ;
- Baseball : les runs et les home runs ;
- Formule 1 : le meilleur tour, l’arrêt aux stands le plus rapide, les séries de victoires.
À chaque fois, on pourrait imaginer la version « négative » du même pari : les tirs ratés, les barres tombées, les erreurs. Elle n’est pas dans la liste. Autrement dit, l’ANJ ne s’intéresse pas seulement à ce qui se passe dans un sport, mais à la façon dont on peut le formuler..




