Accueil Paris sportifs Coupe du Monde L'Argentine, outsider assumée, garde la flamme de l'espoir
Argentine favorite coupe du monde

L'Argentine, outsider assumée, garde la flamme de l'espoir

Nous avons demandé à Paula, notre collègue argentine, si elle pensait que l'Argentine était favorite et pouvait aller jusqu'au bout pour cette nouvelle coupe du monde. Elle nous dépeint un bilan mitigé de son équipe nationale : je lui laisse la parole.

Je suis née à Buenos Aires et je suis une grande fan du Pincha. Le football est l'une de mes passions et, grâce aux paris sportifs, j'ai pu le combiner avec une autre de mes activités préférées : l'écriture. J'ai plus de 5 ans d'expérience en tant que rédactrice de contenu lié au monde de l'iGaming et, aujourd'hui, je suis chargée de gérer le projet Mis Casas de Apuestas Argentina.

Quand la Coupe du monde au Qatar a commencé, les attentes étaient immenses quant aux chances de l'Argentine de la remporter. Le peuple était plein d'espoir et le slogan "je choisis de croire" résonnait dans chaque coin du pays. Les Argentins la voulaient plus pour Messi que pour eux-mêmes, et l'équipe ne nous a pas déçus.

Quatre ans après cet exploit, l'effectif est resté plus ou moins le même, mais presque personne ne semble plus croire que l'Argentine va rééditer l'histoire. J'admets avoir des sentiments partagés, mais je ne peux pas m'empêcher de rêver de soulever à nouveau la coupe.

Messi, le facteur X qui fait encore trembler les favoris

Messi est le cœur de la sélection et, même si tout ne passe plus forcément par lui, je crois qu'il arrive à la Coupe du monde avec une intelligence tactique capable de faire la différence au moment clé. Si l'on ajoute à cela ce qu'il continue de montrer à l'Inter Miami, je peux au moins dire que nous serons un adversaire difficile pour ceux qui sont véritablement favoris. 

Ce n'est pas un Messi rouillé qui arrive au Mondial, mais un joueur qui dispute des matchs régulièrement et qui sait comment peser sur les rencontres quand ça compte vraiment.

Les signaux d'alarme que Scaloni ne peut pas ignorer

Les deux derniers matchs amicaux de l'Argentine ont clairement montré que n'importe quelle équipe peut nous faire une surprise comme l'Arabie Saoudite. Pour commencer, le niveau des adversaires n'était pas à la hauteur de ce à quoi on peut s'attendre en Coupe du monde, et malgré tout, nous avons arraché une victoire poussive contre la Mauritanie. Scaloni a été catégorique : 

Nous n'avons pas fait un bon match, ça, j'en suis tout à fait conscient. Cette équipe peut jouer bien mieux, c'est évident.

Et il a raison. Car si l'Argentine peine à dominer des équipes qui ne se sont même pas qualifiées pour le Mondial, que se passera-t-il face à la France, au Brésil ou à l'Espagne ? Le match contre la Mauritanie n'était pas un test réussi ; c'était une alarme silencieuse que Scaloni, avec son expérience, a su capter. La différence entre gagner et perdre ne tient pas toujours à la qualité de l'adversaire, mais à la concentration mentale. L'Arabie Saoudite l'a prouvé au Qatar : une Argentine distraite et sans pression est vulnérable.

La superstition, ce mal argentin qui ne guérit pas

Les Argentins sont superstitieux, surtout quand leur équipe ou la sélection joue. Lors du dernier Mondial, mon neveu a dû regarder tous les matchs en dehors de chez lui parce que quand nous avons perdu contre l'Arabie Saoudite, il était là (croire ou pas, nous avons gagné tous les autres).

L'autre jour, j'ai lu une nouvelle qui a allumé mes alarmes. Un média local rapportait que les 3 fois où l'Argentine est devenue championne, un gardien jouant à River était parmi les convoqués :

  • 1978 : Ubaldo Fillol
  • 1986 : Nery Pumpido
  • 2022 : Franco Armani

Pour ce Mondial, tout laisse penser que Scaloni va convoquer Dibu Martínez (Aston Villa), Walter Benítez (Crystal Palace) et Gerónimo Rulli (Marseille)... En bonne Argentine que je suis, je n'arrête pas de me demander s'il ne vaudrait pas mieux convoquer Armani, voire emmener Santiago Beltrán. Scaloni sait probablement ce qui est le mieux pour l'effectif…

Je sais que la superstition ne change rien, et je choisis de croire. Mais au fond, je crois aussi qu'on ne gagnera que si Armani ou Beltrán sont là.

N.B. : ce texte a été traduit de l'espagnol.